Henri POUILLOT
Guerre d’Algérie, Colonialisme...
Descriptif du site
Disparition de Maurice Audin

La seule certitude : Maurice Audin est "disparu" en juin 1957 à Alger.

Maurice Audin avait 25 ans en 1957
Brillant mathématicien il devait présenter une thèse (elle le sera à titre posthume).

Membre du PCA (Parti communiste Algérien) il est arrêté par les paras le 11 juin 1957, et disparaîtra le 21 juin 1957

Au moins 3 versions existent quant à sa disparition.

La Version officielle


Personne ne la croit. Personne n’ose plus défendre : Maurice Audin se serait évadé le 21 Juin 1957. selon le rapport officiel réalisé par le Lieutenant Charbonnier, son tortionnaire, lors d’un transfert.

Enquête du Comité Audin :


Sous la Direction de Pierre Vidal-Naquet, historien, très impliqué dans la Guerre d’Algérie (il fut l’un des tous premiers intellectuels à dénoncer institutionnalisation de la torture dans cette période), la thèse défendue serait que Maurice Audin serait mort sous la torture le 20 juin, et que le Lieutenant Charbonnier revêtu d’une cagoule, simulera une évasion le lendemain. Cette mise en scène ayant pour but de tenter de rendre crédible et "justifier" cette disparition. Jusque très récemment, c’était la version généralement admise.

Mais cette version n’est pas complétement satisfaisante parce qu’il y a plusieurs incohérences, manques, dans le déroulement ainsi "reconstitué". Certes Charbonnier a été l’un de ses tortionnaires, il a été très certainement le para qui a "joué" le rôle de Maurice Audin s’évadant, permettant d’accréditer la thèse officielle, et comme il est décédé, il ne peut se disculper et cela peut permettre de couvrir un meurtre commis par un officier encore vivant (ou ses subordonnés directs).

Autres versions ?


N’y aurait-il pas une autre version, qui, elle, pourrait être la bonne ?
J’ai plusieurs raisons de le penser puisque la version officielle ne tient pas la route, la version "admise" n’est pas entièrement satisfaisante, un certain nombre de témoignages concordants que j’ai recueilli lors de débats auxquels j’ai participé sur la Guerre d’Algérie les contestent et l’intervention de Jean Delmas, historien, publiée dans la revue "Historia" de février 2007 où il est dit : "il y a bien eu un transfert au cours ou au bout duquel le jeune universitaire a été éliminé", accréditent cette suspicion. Je suis intervenu auprès de Historia à ce sujet, mais n’ai pas reçu de réponse. Je donne le contenu de cette intervention...

Dans les hypothèses qui auraient pu être crédibles, entendues à plusieurs reprises, il aurait pu y avoir un transfert par des militaires du 1er REP de Maurice Audin vers la Villa Susini, en jeeps, sous la direction du lieutenant Charbonnier, le soir du 20 juin 1957. L’alcool aidant, les chauffeurs auraient eu un accident de circulation, ils auraient pensé que l’accident avait été volontairement provoqué pour tenter de faire évader Maurice Audin . Ce dernier aurait alors été criblé de 29 balles de pistolet mitrailleur et le corps jeté dans le "Ravin de la Femme Sauvage". Un rapport officiel existerait relatant un scénario de cette nature. Les "accidents" de toute nature, principalement dus à des excès de boisson étant si fréquents, en particulier dans ces commandos qui pouvaient tout se permettre, que cette hypothèse était très plausible. Et de toutes façons les crimes étaient "maquillés" en accidents.

C’est pour toutes ces raisons que je pose toutes ces questions

Il est fondamental, pour la famille, les amis..., que l’on sache enfin, et le plus vite possible, la vérité. Trois personnes, alors officiers de renseignements à Alger, encore vivants en 2010, qui, obligatoirement, se rencontraient très régulièrement pour échanger leurs informations, connaissent le scénario exact, il s’agit de : le Général Maurice Schmitt, Le Général Aussaresses et le Colonel Bigeard. Le Lieutenant Jean-Marie Le Pen ne devait plus être à la Villa Susini à ce moment là, mais du fait de ses contacts avec les paras il peut difficilement ignorer les détails de cet épisode. Ils doivent parler, ainsi que les plus hautes autorités de l’armée, de l’Etat. Le Colonel Bigeard a tiré sa révérence en 2010, et, même dans ses mémoires postumes, il ne parlera pas.

La Version cautionnée par Aussaresses


Dans le Livre "Je n’ai pas tout dit" de Paul Aussaresses paru en avril 2008 (témoignages accordés à Jean-Charles Deniau - livre édité par les Éditions du Rocher), ce tortionnaire "dévoile" "ses ultimes révélations au service de la France".

Il pourra persister, bien évidemment, un doute sur cette nouvelle version, puisque Aussaresses avait toujours déclaré ne rien savoir sur la Disparition de Maurice Audin, et qu’aujourd’hui après avoir entendu la version du scénario décrit par Jean-Charles Deniau, le Général lui répond : "Ça se tient. Rien n’est faux dans ce que vous venez de dire". Cette nouvelle version est certainement la bonne. En effet, malgré ses déclarations précédentes, il ne pouvait pas ne pas connaître comment cette disparition s’était déroulée. Comme officiers, très impliqués dans la torture à cette époque, il ne reste plus que le Général Schmitt (l’ancien Colonel Bigeard venant de disparaître) qui peut confirmer ou démentir ces révélations parce qu’ils savaient tous, comment la disparition s’est produite. A ce jour, cette version n’a été ni contestée ni confirmée.

Jean Charles DENIAU demande à Aussaresses son avis : "Dans l’équipe du Capitaine Yves de la Bourdonnaye-Montluc, (successeur d’Aussaresses) celui-ci confia à la journaliste Marie-Monique Robin : "Certains membres de l’équipe que j’avais récupérée étaient devenus complètement fous. Ils avaient pris l’habitude de tuer les prisonniers d’un coup de couteau dans le cœur." En clair : un membre de l’équipe Aussaresses, pris de folie, de boisson, ou grisé par une morbide jouissance de tortionnaire se considérant comme pouvant tout faire, aurait tué Maurice Audin, dont il aurait ensuite fallu se débarrasser pour présenter une version crédible de sa "disparition" aux autorités civiles.

C’est à ce scénario que Aussaresses répond que cela se tient et que cela n’est pas faux.

Il est temps que TOUTE la vérité sur ce crime soit enfin confirmée. Le pouvoir a les moyens, avec archives, mais aussi avec Maurice Schmitt le dernier de ces officiers en poste pendant la "Bataille d’Alger" (en dehors de Aussaresses) de faire enfin la lumière. Jean Marie Le PEN, tortionnaire, responsable de la Villa Susini pendant le début de la Bataille d’Alger, compte tenu de ses relations dans ce milieu, connait également très probablement le déroulement de cette "disparition". Et puis le capitaine d’alors, Yves de la Bourdonnaye-Montluc, l’officier responsable ayant pris la succession d’Aussaresses SAIT, bien évidemment.

Il s’agit d’une exigence humaine, historique, que la lumière soit enfin faite sur ce sujet.

Depuis le 18 juin 2014, la version officielle a été modifiée, avec un communiqué de l’Elysée  : Mais les documents et les témoignages dont nous disposons aujourd’hui sont suffisamment nombreux et concordants pour infirmer la thèse de l’évasion qui avait été avancée à l’époque. M. AUDIN ne s’est pas évadé. Il est mort durant sa détention.

Mais ces documents et témoignages ne sont toujours pas connus

Les articles de cette rubrique

0 | 20

Il n’ y avait que la Place du centre-ville de la capitale qui portait son nom. Désormais une institution des Sciences a été baptisée en cette journée (...)
Lire l'article ...
Article mis en ligne le 8 juin 2017
par Henri POUILLOT
Il y aura bientôt soixante ans, dans la nuit du 11 au 12 juin 1957, Maurice Audin, jeune mathématicien membre du Parti communiste algérien, était (...)
Lire l'article ...
Article mis en ligne le 28 mai 2017
par Henri POUILLOT
Le Général Schmitt me poursuivait pour diffamation à partir de la lettre ouverte (voir) remise en main propre au Général Pierre de Villiers, chef (...)
Lire l'article ...
Article mis en ligne le 24 septembre 2015
par Henri POUILLOT
Grâce à des photos transmises par Mohamed REBAH Chercheur en histoire et Auteur des 2 ouvrages : Des Chemins et des Hommes, paru en novembre 2009 (...)
Lire l'article ...
Article mis en ligne le 20 septembre 2015
par Henri POUILLOT
Ce chercheur retrace l’histoire de Maurice AUDIN, avec un témoignage touchant
Lire l'article ...
Article mis en ligne le 20 septembre 2015
par Henri POUILLOT
Maurice Audin était arrêté le 11 juin 1957, déclaré disparu le 21 juin 1957, et depuis ???
Lire l'article ...
Article mis en ligne le 7 juin 2015
par Henri POUILLOT
Le samedi 30 novembre 2014 Monsieur le Maire de Tremblay en France, François ASENSI, a inauguré une "Esplanade Maurice AUDIN", en plein centre de (...)
Lire l'article ...
Article mis en ligne le 29 novembre 2014
par Henri POUILLOT
C’est une interview que j’ai accordée à El Watan, lors de mon voyage à Alger à l’occasion du 60ème anniversaire du déclenchement de la Guerre de (...)
Lire l'article ...
Article mis en ligne le 14 novembre 2014
par Henri POUILLOT
Dans le cadre des commémorations de la Guerre de 14/18, une manifestation militaire, présidée par Pierre de Villiers, Chef d’Etat Major des Armées (...)
Lire l'article ...
Article mis en ligne le 9 septembre 2014
par Henri POUILLOT
Sous sa nouvelle forme, le Prix de Mathématiques Maurice Audin a été créé en 2004, sous le patronage de la Société de Mathématiques Appliquées et (...)
Lire l'article ...
Article mis en ligne le 22 juin 2014
par Henri POUILLOT
’Appel des 171 pour la vérité sur le crime d’Etat que fut la mort de Maurice Audin, mathématicien arrêté par les forces françaises en 1957 à Alger, et (...)
Lire l'article ...
Article mis en ligne le 27 mars 2014
par Henri POUILLOT
Lettre envoyée le 26 janvier 2014
Lire l'article ...
Article mis en ligne le 26 janvier 2014
par Henri POUILLOT
Assassinat de Maurice Audin M. le président. La parole est à M. François Asensi, pour le groupe de la Gauche démocrate et républicaine. M. François (...)
Lire l'article ...
Article mis en ligne le 26 janvier 2014
par Henri POUILLOT
Editorial de l’Humanité du 9 Janvier 2014 par Patrick Apel-Muller
Lire l'article ...
Article mis en ligne le 10 janvier 2014
par Henri POUILLOT
Ce livre de Jean-Charles Deniau nous permet de connaître la "vérité" de la disparition de Maurice Audin selon la version de Général Aussaresses, (...)
Lire l'article ...
Article mis en ligne le 9 janvier 2014
par Henri POUILLOT
Intervention auprès du Ministre de la Défense pour la vérité sur la disparition de Maurice Audin
Lire l'article ...
Article mis en ligne le 3 juin 2012
par Henri POUILLOT
Depuis 2004, chaque année, un prix de mathématiques est décerné à 2 mathématiciens, l’un Français, l’autre Algérien.
Lire l'article ...
Article mis en ligne le 8 mars 2011
par Henri POUILLOT
Pour honorer le brillant mathématicien qu’était Maurice Audin, un prix de mathématiques a été instauré. Désormais il récompense un lauréat français et un (...)
Lire l'article ...
Article mis en ligne le 4 juin 2010
Inauguration de la Place Maurice Audin à Paris le 26 mai 2004 avec Josette Audin, sa femme (accompagnée de son fils de ses petites filles), Pierre (...)
Lire l'article ...
Article mis en ligne le 4 juin 2010
Voici la lettre envoyée le 13 février 2007 :
Lire l'article ...
Article mis en ligne le 4 juin 2010


puce

RSS

2002-2017 © Henri POUILLOT - Tous droits réservés
Site réalisé sous SPIP
avec le squelette ESCAL-V3
Version : 3.79.26